L'Assisté...

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Rubrique de Solidarité Active

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Mercredi 25 novembre 2009 3 25 /11 /Nov /2009 15:33

« Moi je montre mes fesses au banquet des notables ! »

 

Ou la Fable du Clown et du Politique

 

Mes chers amis, je viens de regarder une vidéo des plus cruciales pour l’avenir du jeu politique français à moyen terme. Et désormais, je peux vous le dire : réjouissez-vous, ô vous les faibles, les opprimés, ceux que les Puissants broient dans leurs étaux d’airain en ricanant, réjouissez-vous car le salut est proche ! Malgré l’acharnement du système politico-médiatico-maçonnico-financier à étouffer ce nouvel espoir en n’en parlant pas, il m’incombe d’annoncer à toutes et à tous la Bonne Nouvelle : Patrick Sébastien va lancer son parti politique !

 

Vous avez bien lu. Patrick Sébastien, l’homme dont le puissant trait d’esprit honore de sa sagesse le titre de mon article, le guignol du samedi soir, monsieur « Cestgénial ! », nous embarque pour une aventure politique hors du commun. Ayant constaté « un vide » dans l’espace politique français, Patrick se propose de le combler. Avec quoi ? C’est bien là toute la question, sur laquelle monsieur Sébastien reste – pour être poli – relativement évasif. Mais l’idée de base est quand même « créer un rassemblement, autour de moi ». Mais il nous rassure aussitôt : « ce n’est pas de l’ego démesuré ». Ouf, j’ai eu peur. Et à quoi va servir ce grand rassemblement ? Quelle question ! A créer un « contrepoids à tous les partis politiques », accusés de « ne pas bien faire [leur] travail ». Voyez-vous cela ! Comme c’est original : les politiciens sont des affreux, uniquement préoccupés par leur carrière, et moi le blanc chevalier je m’en vais les remettre à leur place. Déjà-vu ? Laurent Delahousse, surmontant sa perplexité pour reprendre tant bien que mal son rôle de journaliste, suggère que ce genre de discours a déjà été tenu par le passé et cite Coluche. Personnellement, j’aurais plutôt pensé à Le Pen.

 

L’homme seul contre tous, l’individu contre les partis, le porte-voix de tous les « petits », ceux pour lesquels les politiques « n’ont plus de considération ». Quelle innovation ! Car au-delà du néant programmatique dans lequel Patrick Sébastien patauge péniblement (« pour le profit, mais pas au détriment de l’humain », « pas une révolution, mais juste une révolte », etc.), c’est bel et bien l’énième résurgence d’un poujadisme assumé, teinté en trame de fond d’une mégalomanie inquiétante. Emploi récurrent du « je » et du « moi », attitudes hautaines, expressions révélatrices (« avec le pouvoir que j’ai, moi »), c’est évident : l’homme est content de lui. Idole télévisuelle, Patrick Sébastien paraît s’être monté le bourrichon à propos de sa place dans l’espace public ; en 2007, il soutenait François Bayrou, déjà un anti-système voulant « remettre la démocratie et l’humain en avant ». Génial ! Ici, qui est contre la démocratie ? Et contre l’humain ? Personne non plus ? Bon, je déclare donc François Bayrou élu Président de la République à l’unanimité. Patrick Sébastien, notre nouveau Premier Ministre, sera donc chargé de composer une équipe ministérielle résolument « démocrate » et « humaniste ».

 

Sans rire. On s’autorisera un ricanement en entendant monsieur Sébastien pourfendre ce système électoralo-carriériste, tout en nous expliquant qu’il dispose du pouvoir médiatique et que l’élément essentiel de son « rassemblement humaniste » est en premier lieu lui-même et sa petite personne. L’œil perfide notera également la petite phrase, quasi-anodine mais tellement révélatrice des calculs coûts/opportunités de son auteur, lorsque François Hollande lâche l’air de rien : « en 2012, il ne faudra pas en promettre beaucoup ». Sous-entendu : allons-y à fond, après cinq ans de sarkozysme une chèvre avec un drapeau blanc sera élue. Et en avant pour la « démocratie irréprochable » et « les valeurs républicaines » ! Que flotte haut le drapeau rose-vert-orange, marqué du sceau « démagogie, synthèse molle et velléités » !

 

Je vous jure. Pierre-André Taguieff, dans son infinie sagesse, expliquait que le populisme n’est rien en soi, simplement le symptôme d’une démocratie malade. Avec cette ultime poussée de fièvre, on va finir par la croire en phase terminale.

 


 

Boris Krápula

Publié dans : Les diagnostics du docteur Krapula
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